Les variations ont été heurtées sur les marchés financiers au cours du troisième trimestre 2023
Si le mois de juillet a été favorable aux principaux indices actions, soutenus par le repli de l’inflation, les mois d’août et de septembre ont quant à eux été marqués par une correction boursière, sur fond de hausse des taux d’intérêt et de rebond des prix du pétrole. Le mois de septembre a même été l’un des plus éprouvants de l’année 2023, les investisseurs ayant pris conscience que les banques centrales allaient maintenir durablement leurs taux à des niveaux élevés face à une inflation persistante.
Conséquence de ces fluctuations, les actions mondiales ont perdu du terrain durant l’été. Malgré tout, leur trajectoire reste toujours haussière depuis le début d’année. Ainsi l’indice mondial MSCI AC World (en dollars) affiche une performance de 10,06% à fin septembre par rapport au 1er janvier. Sur la même période, l’indice EuroStoxx 50 de la zone Euro et l’indice américain S&P 500 terminent le trimestre sur un gain respectif de +12.60% et +13.07%. L’indice des valeurs technologiques américaines, le Nasdaq, affiche quant à lui une hausse de 27% depuis le début d’année, toujours soutenu par l’engouement des investisseurs pour la thématique de l’intelligence artificielle.
Sur le plan sectoriel en Europe, les secteurs cycliques, malgré un repli sur le trimestre, restent les mieux orientés depuis le début d’année, soutenus notamment par le ralentissement de l’inflation. Ainsi la Distribution affiche la meilleure performance de l’année, avec un gain de 25% à fin septembre. La Technologie a plus souffert durant l’été, effaçant une partie de ses gains alors qu’elle progressait de 26% à la fin du 1er semestre. Comme toutes les valeurs de croissance, les valeurs technologiques sont sensibles à l’évolution des taux. Elles sont par conséquent impactées par le niveau élevé de ces derniers qui influe sur leur endettement. Le secteur reste cependant orienté à la hausse depuis le début d’année (+13.6% à fin septembre), bénéficiant d’une dynamique propre, soutenue par des tendances de long terme telles que l’essor de l’intelligence artificielle ou la transformation digitale des entreprises. En bas de classement, figurent les Matériaux de base et l’Immobilier qui terminent le trimestre en territoire négatif, impactés par une baisse des cours pour le premier et le niveau élevé des taux d’intérêt pour le second. Depuis le début d’année, au 30 septembre, ils reculent respectivement de -6.9% et de -3.7%.
Concernant les marchés obligataires des pays développés, ils ont souffert au troisième trimestre, impactés par la hausse des taux longs durant l’été. Ces derniers, qui reflètent les anticipations de croissance et d’inflation, ont été portés par une économie américaine plus résiliente que prévu et une inflation persistante, obligeant les banques centrales à maintenir leur politique restrictive. Le rendement du taux 10 ans US termine à près de 4.6% au 30 septembre (contre 3.8% fin juin), celui du taux 10 ans européen à 2.8% (contre 2.4% fin juin).
Autre fait marquant du trimestre, la hausse rapide des cours du pétrole sous l’effet d’une coupe de production de la part de l’Arabie Saoudite (à raison d’un million de barils par jour) et de la Russie qui a fait de même avec sa réduction des exportations de 300 000 barils par jour. Les deux pays poursuivent ainsi leur stratégie de soutien au cours de pétrole. Conséquence : le cours du baril WTI du Texas dépasse le seuil de 90 dollars à fin septembre, soit une hausse de 28.5% sur le trimestre et de 13.1% depuis le 1er janvier. Sur le front du marché de l’immobilier coté européen, la tendance reste baissière, le secteur terminant le trimestre sur un repli de 4,2% par rapport au début d’année, pénalisé par le contexte de forte hausse des taux.
Une lutte contre l’inflation plus longue que prévu
Malgré un ralentissement notable de l’inflation aux USA et en Europe depuis plusieurs mois, la partie n’est pas gagnée pour autant. En effet l’inflation « sous-jacente » (hors alimentaire et énergie) reste encore à des niveaux élevés (5.3% en Zone euro et 4.3% aux Etats-Unis à fin août). Pour lutter contre cette dernière, les banques centrales ont en toute logique continuer à relever leurs taux afin de restreindre les conditions d’accès au crédit. Ce fut le cas pour la Banque centrale européenne (BCE) qui a relevé ses principaux directeurs à 2 reprises, en juillet puis en septembre, pour amener le taux de refinancement à 4.50%. La Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) n’a procédé qu’à une seule hausse en juillet (la 11ème consécutive en seulement 16 mois), portant son taux de référence à 5.50%.
Si les investisseurs ont jusqu’à présent bien intégré la nécessité d’un tel durcissement monétaire, ils ont été surpris par les récentes déclarations des banques centrales qui ont clairement laissé entendre que les taux allaient rester à des niveaux élevés pendant encore un certain temps, douchant ainsi leurs espoirs d’une baisse rapide de ces derniers en 2024. La Fed et la BCE anticipent même une hausse supplémentaire d’ici la fin de l’année, face à une inflation toujours tenace.
Quelles perspectives pour les prochains mois ?
La croissance mondiale devrait rester atone en 2023, cela étant des disparités sont apparues au fil du temps entre les différentes zones géographiques. Ainsi, l’économie américaine fait preuve d’une surprenante résilience. L’évolution de la croissance du PIB au second trimestre est ressortie à 2.1% en estimation finale contre 2% au trimestre précédent. Les dépenses de consommation, qui représentent plus de deux tiers de l’activité économique du pays, restent robustes. En zone euro, en revanche, la situation est plus fragile. L’activité du secteur privé continue de se dégrader en septembre, aussi bien dans le secteur des services que dans celui de l’industrie manufacturière, en raison d’une baisse continue de la demande. En parallèle, l’Allemagne, après avoir été la locomotive de la croissance de la zone pendant des années, en est aujourd’hui le maillon faible. Le modèle économique du pays est en effet soumis à rude épreuve depuis l’explosion des prix de l’énergie. L’Allemagne, fortement dépendante du gaz russe, a dû se tourner vers d’autres fournisseurs plus onéreux depuis la crise russo-ukrainienne, pénalisant fortement son industrie. Enfin, l’activité économique Chinoise continue de décevoir, particulièrement plombée par un secteur immobilier en souffrance. La consommation, la production industrielle et l’investissement ralentissent également.
Sur le front du marché du travail, les prochains chiffres de l’emploi seront suivis de près par les investisseurs. Si la tendance est toujours celle d’une certaine résilience des 2 côtés de l’Atlantique, un ralentissement commence à être observé. Certes, le taux de chômage reste encore à des niveaux proches des plus bas historiques, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Zone Euro, mais les tensions se sont récemment réduites. Enfin la prochaine saison de publications des résultats d’entreprises au titre du troisième trimestre est également très attendue ; ces derniers ont été plutôt robustes jusqu’à présent, et nul doute que les prochaines données à paraître refléteront la tendance pour les prochains mois.
Source indices : Bloomberg, au 30 septembre 2023 ; indices publiés dividendes réinvestis et en devises locales